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Guerre et paie



Vous épaulez l’élégante femme jusqu’au salon de ses appartements. Elle est toujours aussi pâle. Elle se dirige doucement vers un buffet d’où elle sort une bouteille et deux petits verres, puis s’assoie. Elle avale une première rasade d’un mouvement sec et sans faute, avant de se resservir et de remplir le votre.

-- Dame Efidie… Ce n’est pas la première f…
-- Je connais votre métier Messire Arthur, je ne veux pas engager d’enquête sur cela. Miriame s’est faite détroussée comme cela peut arriver à chacun de nous dans cette ville.
-- Combien de vos filles se sont déjà fait détrousser.
-- Cela suffit Arthur. Je vous ai dit que je ne voulais plus en entendre parler. Retournez avec Anna. Je vous offre votre nuit en dédommagement de ces émotions.

Son ton de voix est froid et sans appel. Vous vous levez sans dire mot et buvez votre verre cul sec. L’alcool vous déchire l’œsophage et bien vite vos yeux s’emplissent de larmes. Vous retournez dans le salon. Harty est de nouveau derrière la porte. Le vieux Jean et Miriame ne sont plus là. Il reste une tache de sang sur le tapis qu’une des filles est en train de frotter rapidement. Vous remonter et surprenez 3 filles, dont Anna, discutant à mots couverts dans le couloir. En vous voyant elles se séparent et retournent dans leur chambre. Anna vous attend sur le pas de la porte. Elle vous sourit de son mieux. Vous entrez en lui prenant la main et en lui mettant un doigt en travers de la bouche pour qu’elle ne dise plus aucun mot.

Vous la menez jusqu’au lit où elle s’allonge en faisant tomber sa nuisette. Elle vous regarde vous déshabiller. Vous prenez soin de laisser votre épée à portée de bras. Vous vous allongez à côté d’elle, soutenant votre tête d’une main et la caressant de l’autre.

-- Ce n’est pas la première fois que cela arrive n’est-ce pas ? lui demandez-vous doucement mais fermement. Son visage s’attriste brusquement à la fois surprise de votre question et heureuse peut-être de pouvoir se délivrer du fardeau.
-- Euh… Non … Pas première fois … trois fois déjà … Dit-elle avec son surprenant accent des montagnes de l’Est.
-- Cette semaine ?
-- Hmmm… Première fois , 2 semaines . Fille gentille, disparue. Personne savoir où elle être. Deuxième fois, trois jours, fille moi pas connaître. Elle retrouvée morte dehors. Là-bas. (Elle montre une direction du doigt). … Et maintenant , Miriame … Miriame vivre oui ?
-- J’espère très chère Anna , j’espère . Dites-vous en lui caressant les cheveux. Dame Efidie a des ennemis ?
-- Mah , obligé ! Beaucoup personnes pas aimer nous le jour et aimer nous la nuit. Eux vouloir montrer enfant et femme que nous pas bien. Femmes pas aimer nous du tout parce que nous aimer sexe. Femmes dire que sexe pas bien. Mais Dieu pas donner sexe si sexe pas bien !!!
-- Hmmm.. oui mais ces dames pensent que le sexe ne doit servir que la reproduction… et…
Anna s’assied brusquement en tailleur sur le lit et ouvre sa vulve luisante pour en souligner son clitoris. Vous êtes à la fois pétrifié de cette discussion impromptue et du naturel d’Anna et exité par le spectacle. Elle reprend:

-- Ça rien servir à reproduction ! Et pourtant ca procurer énormément plaisir ! Dieu pas donner ça si servir à rien ! – Elle s’enfonce un doigt dans le vagin en se mordant les lèvres – Ca donner plaisir mais pas tout le temps, pas forcément, pas chez toutes les filles – Puis elle ressorts son doigt doucement et le remonte sur son bouton d’or en se cambrant – Mais ça … ça être cadeau de Dieu … ça être gratuit et servir uniquement rendre femme heureuse … Moi accepter le cadeau et pas insulter Dieu en laissant prendre poussière . Beaucoup femmes croire que ça pas bien mais c’est surtout homme dire depuis tout le temps que ça pas bien et femme finir par croire. Mais homme prendre uniquement plaisir ici – Elle se renfonce un doigt – alors forcément eux dire que le reste pas important et pas bien. Homme taper plus fort et faire lois donc tout le monde accepter et finir par croire que c’est vérité. Mais si homme accepter lui tout entier, pas uniquement sexe, pas avoir honte , pas se cacher, et donc Dieu content que homme fier de lui et accepter lui revenir. – Elle se penche en arrière en poussant son bassin vers vous portant par là même sa vulve en avant. – Moi pas honte et prêter cadeau…

Les yeux de Anna pétillaient d’une étrange flamme. Il n’y avait aucune perversité ni à l’inverse aucune naïveté stupide. La situation vous sidérait. Cette jeune femme s’acceptait complètement et il était bien possible que tout ce qu’elle venait de vous raconter ne soit qu’une mise en forme adaptée à la culture de Franchepluy. Une sorte de discours bien rodé et imparable pour vous faire comprendre qu’elle comptait bien exister et participer activement dans ce qui allait suivre, que vous n’étiez pas l’unique maître d’œuvre, qu’elle était votre égale.

Vous approchez doucement votre visage entre ses jambes pour finalement poser un baisé sur son bouton d’or luisant. Elle gémit. – Moi avoir tout de suite vu que toi être un Homme –

Vous avez continué ainsi par suction, coup de langue sur coup de langue jusqu’à ce qu’elle vous invite à vous redresser, ruisselante, les pommettes rose vif.

Vous avez repris vos esprits bien plus tard. Certes, vous aviez déjà pratiqué ces « techniques » mais jamais dans cet état d’esprit. À dire vrai, cela faisait très longtemps que vous n’aviez passé pareil nuit. Vous regardiez Anna somnoler avec perplexité, presque émerveillé et en même temps un peu honteux d’avoir pris une telle leçon. Avait-elle raison, avait-elle tort ? Cela n’avait aucune importance à présent car pour vous, seuls les faits importaient et le fait était que vous veniez de connaître l’acte d’amour à deux, au sens réel de l’expression.

Anna se retourne doucement vers vous. Vous lui expliquez que vous allez enquêter sur cette affaire. Vous êtes déjà habillé et enfilez votre cape. L’aube va se lever dans un peu plus de deux heures. – C’est bien . Toi pas être en amour de moi . – Et elle se retourne de l’autre côté du lit en remontant les draps sur ses épaules. Vous restez presque bouche bee en sachant que cette mystérieuse phrase allait certainement vous hanter toute la journée.

En revenant au rez-de-chaussée, vous remarquez une lueur de bougie dans une des pièces attenantes.


[ Vous vous approchez. ]


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A.B