La chaleur de la pièce vous surprend. Pire, la différence de température vous assomme et vous filez à la première table libre pour vous affaler sur un tabouret. Vous tournez la tête doucement vers le bar et poussez un sourire fatigué mais serein vers Ghislaine, votre serveuse et amante préférée. Elle vous sourit en retour sur un ton maternel. Votre regard rebondit alors dans la pièce en attendant qu'elle arrive. Rien d'inhabituel, toujours les mêmes têtes. La voilà qui s'approche. Malgré ces mois sans travailler vous n'avez pas perdu votre œil aiguisé. En temps normal, Ghislaine vous accueille toujours en changeant subtilement quelque chose sur elle comme dégrafer le premier bouton de son corsage. Mais pas ce soir.
-- La journée de mon fier messire fut-elle bonne?
-- Elle le fut, elle le fut. Et celle de ma voluptueuse servante?
-- une journée normale, malgré mon ventre douloureux, mais d'ici deux trois jours, ce sera réglé...
-- ton ventre douloureux qui... Ah... Je comprends...
Vous lui souriez tout en lui prenant la main. Vous ne l'aimez pas, mais l'appréciez énormément. Au fond de vous cette nouvelle vous rassure avant tout. Pourtant, vous êtes obligé de cacher la petite de déception que vient de créer cette annonce. Cette même petite déception qui déjà tente naturellement de se transformer en rancœur. Machinalement votre esprit mené par ces hormones rend Ghislaine coupable de cette frustration. Puis, votre honnêteté intellectuelle corrige le tir et remet sur mère nature la faute. Cela n'empêche qu'une petite frustration est née. Elle est là, tapie, attendant la moindre excitation pour grandir.
Vous dînez tranquillement. En début de soirée, vous remontez dans la chambre pour vous changer et prendre des vêtements capables d'adoucir la nuit. Vous passez un large pull par-dessus votre armure de cuir, puis d'une épaisse cape sombre. Vous vérifiez aussi votre bourse pour n'y laisser que le nécessaire à votre soirée. Vous redescendez dans la grande pièce de l'auberge, adressez un rapide clin d’œil à Ghislaine, pour finalement sortir et vous engouffrer dans l'obscurité de Franchepluy.