Guerre et paie


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Franchepluy : Ville majestueuse, la porte des contrées du Sud, joyau des villes états.
L'hiver a du mal à se terminer. Il y a encore de la boue neigeuse dans certains méandres sombres de la ville. Voilà quelques mois que vous êtes à l'auberge, vivant sur votre dernière, spectaculaire et surtout lucrative enquête. La nuit est déjà tombée, et avec elle s'est réveillée une brise froide qui vous sèche les lèvres. Vous pressez le pas. À droite, onze pas, puis encore droite, faire attention au tonneau qui récolte la pluie des gouttières, 14 pas et vous y voilà. Vous pourriez faire ce trajet les yeux fermés. D'ailleurs, vous l'avez déjà fait, après une soirée trop arrosée, une soirée noyée. Vous tapez vos bottes pour en déloger la boue et passez la porte sans tarder.


[ Vous entrez. ] - Allez au 1

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La chaleur de la pièce vous surprend. Pire, la différence de température vous assomme et vous filez à la première table libre pour vous affaler sur un tabouret. Vous tournez la tête doucement vers le bar et poussez un sourire fatigué mais serein vers Ghislaine, votre serveuse et amante préférée. Elle vous sourit en retour sur un ton maternel. Votre regard rebondit alors dans la pièce en attendant qu'elle arrive. Rien d'inhabituel, toujours les mêmes têtes. La voilà qui s'approche. Malgré ces mois sans travailler vous n'avez pas perdu votre œil aiguisé. En temps normal, Ghislaine vous accueille toujours en changeant subtilement quelque chose sur elle comme dégrafer le premier bouton de son corsage. Mais pas ce soir.
-- La journée de mon fier messire fut-elle bonne?
-- Elle le fut, elle le fut. Et celle de ma voluptueuse servante?
-- une journée normale, malgré mon ventre douloureux, mais d'ici deux trois jours, ce sera réglé...
-- ton ventre douloureux qui... Ah... Je comprends...

Vous lui souriez tout en lui prenant la main. Vous ne l'aimez pas, mais l'appréciez énormément. Au fond de vous cette nouvelle vous rassure avant tout. Pourtant, vous êtes obligé de cacher la petite de déception que vient de créer cette annonce. Cette même petite déception qui déjà tente naturellement de se transformer en rancœur. Machinalement votre esprit mené par ces hormones rend Ghislaine coupable de cette frustration. Puis, votre honnêteté intellectuelle corrige le tir et remet sur mère nature la faute. Cela n'empêche qu'une petite frustration est née. Elle est là, tapie, attendant la moindre excitation pour grandir.

Vous dînez tranquillement. En début de soirée, vous remontez dans la chambre pour vous changer et prendre des vêtements capables d'adoucir la nuit. Vous passez un large pull par-dessus votre armure de cuir, puis d'une épaisse cape sombre. Vous vérifiez aussi votre bourse pour n'y laisser que le nécessaire à votre soirée. Vous redescendez dans la grande pièce de l'auberge, adressez un rapide clin d’œil à Ghislaine, pour finalement sortir et vous engouffrer dans l'obscurité de Franchepluy.


[ Vous êtes un homme ] - Allez au 2

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Vous êtes un homme. Un homme fait de chairs et d'os, un homme avant tout biologique, au sang saturé d'envies, de pulsions, d'instincts. Petite frustration est devenue grande. La chaleur étouffante de l'auberge, le froid cinglant de ce printemps qui tarde, et mère nature qui s'y met. Si l'ennui est une forme subtile de la mort alors allons voir sa petite sœur vous étiez-vous dit à la fin du repas.

Malgré la bise qui vous glaçait le visage, vous regardiez droit devant vous, prêt à esquiver la moindre embuscade. Vous avez traversé ainsi tout le quartier Est de la ville. À part deux trois silhouettes qui se déplaçaient rapidement comme poursuivies par le loup, il n'y avait personne. Cela faisait maintenant une demi-heure que vous marchiez ainsi dans le froid. La grande bâtisse anodine, le lieu de votre destination, était en vue.

Vous frappez trois petits coups secs, l’œilleton s'ouvre et se referme rapidement. La serrure se débloque bruyamment et vous entrez chez dame Efidie.

Chaque visite en ces lieux est un enchantement. La décoration était à la fois riche et douce. Une multitude de coussins, deux ou trois canapés, partout de la soie et du velours, des tons, le jaune, pastel, avec ici et là des pointes de rouge carmin et de bleu profond. Dame Efidie était une femme aux cheveux grisonnants, le visage fin, parsemé de rides harmonieuses, mais surtout d'une élégance incroyable. Chaque fois que vous passiez cette porte c'était un peu comme sortir du temps pour entrer dans un lieu en dehors de tout. Elle s'approche de vous en vous souriant pendant qu'une jeune femme brune au regard pétillant, la poitrine voluptueuse et dénudée vous ôte votre cape.

-- Bonsoir, messire Arthur. Je suis heureuse que vous nous honoriez de votre présence ce soir.
-- Allons, dame Efidie, vous savez bien que je suis tout acquis à votre cause.
-- Certes, je reconnais que vous êtes peu nombreux à braver le froid de la nuit jusqu'ici. Mais laissez-moi vous présenter Anna.
Une jeune femme aux cheveux très noirs et longs, à la peau blanche et fine s'avance doucement avec dans le regard un soupçon de crainte comme un animal apeuré.
-- Anna vient de commencer chez nous. Je vous laisse.

Anna s'avança timidement vers vous tout en vous tendant une main et ornant son visage d'un sourire maladroit. Elle se devait de tendre la main pour montrer comme elle est propre et bien soignée. De la même façon elle souriait pour montrer la qualité et l'hygiène de sa dentition. C’étaient ces petits plus qui faisaient la qualité de ces lieux. Vous saisissez délicatement la main de Anna qui vous mène alors à l'escalier. Petit à petit, à chaque marche, l'excitation grandit. Le moment que vous préférez est bien évidemment celui vous arrivez en haut des marches, à l'entrée du couloir des plaisirs. Des rires, des halètements et autres soupirs suintent de chaque porte. Anna s'arrête devant l'une d'entre elles et l'ouvre en grand. Votre curiosité est à son comble quand vous passez le pas de la porte. La décoration est tout aussi soignée que dans le salon. Le lit est couvert d'un grand drap de soie pourpre sur lequel reposent deux petits coussins pastel. Vous entendez derrière vous le son mélodieux d'une robe qui tombe mollement sur le sol. Vous vous tournez doucement pour voir Anna qui trône nu au milieu de ses vêtements. Elle a une toison épaisse tout comme le laissait présager ses sourcils. Vous êtes assis sur le lit et elle s’agenouille devant vous pour vous aider à ôter vos bottes. Un cri retenti alors, montant du salon. Ce n’est pas un cri de jouissance mais bien un cri d’horreur. Vous reconnaissez la voix de Dame Efidie. Anna sursaute et tourne brusquement la tête vers la porte, pétrifiée. Vous sortez rapidement, traversez le couloir et marquez un temps d'arrêt sur le palier qui surplombe le salon. En bas il y a un corps allongé que vous distinguez mal. Harty, le portier que vous n’aviez même pas remarqué à votre arrivée, et penché au-dessus du corps. Dame Efidie est debout, pâle. Elle semble bouleversée. Vous descendez les marches quatre par quatre. C’est une jeune femme qui repose au sol. Elle a le visage tuméfié et sa cape est couverte de sang. Elle respire encore, difficilement.

-- Qui t’a fait ça Miriame? Lui demande doucement Harty.

La jeune femme semble se concentrer en regardant le plafond, les yeux vitreux. « Qui t’a fait ça? » Lui répète-t-il. Mais rien. Plus rien. La jeune femme tombe dans les vapes. « Poussez-vous Poussez-vous » lance un vieil homme qui s’approche avec une mallette pour finalement s’agenouiller auprès de la femme.
« Elle va mourir ? Jean ? » Demande Damme Efidie. Le vieil homme garde un facies concentré tout en examinant les plaies. « Jean ? Jean ? » répète Dame Efidie. Puis elle s’évanouit. Vous avez à peine le temps de la rattraper pour la soutenir. « Oh mon Dieu… » Murmure le vieux Jean le regard fixé sur l’abdomen de la femme. Vous jetez rapidement un regard sur ce qu’elle a vu. Vous avez déjà vu de près des centaines de plaies, plus horribles les unes que les autres, mais à chaque fois elles venaient de batailles, de confrontations sanglantes. Mais ces plaies-là étaient marquées de méchanceté et de perversion. Heureusement rompu à l’horreur, votre dégoût se transforma machinalement en rage aiguisée. Magie de la biologie qui d’un coup fit ressortir tous vos instincts de chasseur. Cela faisait quelques semaines que vous ne travailliez plus, laissant l’acuité de vos sens au repos, et là, d’un coup, tout se réveillait. L’odeur du sang, l’odeur de la sueur du vieil homme, le parfum de Dame Efidie, les différents détails vous sautaient aux yeux: La forme des taches de sang, la couleur et texture de boue sous les pieds de la jeune femme, la taille des hématomes, toutes ses informations arrivaient en flot. Dame Efidie revint à elle. Le vieux Jean nettoyait les plaies et toutes les jeunes femmes du bordel entouraient la scène, certaines pleuraient, d’autres allaient et venaient dans une hystérie inquiète. Les quelques clients du moment s’en étaient allés discrètement.


[ Ca sent trop les problèmes, vous partez ] - Allez au 25
[ Vous accompagnez Dame Efidie un peu plus loin. ] - Allez au 3

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Vous épaulez l’élégante femme jusqu’au salon de ses appartements. Elle est toujours aussi pâle. Elle se dirige doucement vers un buffet d’où elle sort une bouteille et deux petits verres, puis s’assoie. Elle avale une première rasade d’un mouvement sec et sans faute, avant de se resservir et de remplir le votre.

-- Dame Efidie… Ce n’est pas la première f…
-- Je connais votre métier Messire Arthur, je ne veux pas engager d’enquête sur cela. Miriame s’est faite détroussée comme cela peut arriver à chacun de nous dans cette ville.
-- Combien de vos filles se sont déjà fait détrousser.
-- Cela suffit Arthur. Je vous ai dit que je ne voulais plus en entendre parler. Retournez avec Anna. Je vous offre votre nuit en dédommagement de ces émotions.

Son ton de voix est froid et sans appel. Vous vous levez sans dire mot et buvez votre verre cul sec. L’alcool vous déchire l’œsophage et bien vite vos yeux s’emplissent de larmes. Vous retournez dans le salon. Harty est de nouveau derrière la porte. Le vieux Jean et Miriame ne sont plus là. Il reste une tache de sang sur le tapis qu’une des filles est en train de frotter rapidement. Vous remonter et surprenez 3 filles, dont Anna, discutant à mots couverts dans le couloir. En vous voyant elles se séparent et retournent dans leur chambre. Anna vous attend sur le pas de la porte. Elle vous sourit de son mieux. Vous entrez en lui prenant la main et en lui mettant un doigt en travers de la bouche pour qu’elle ne dise plus aucun mot.

Vous la menez jusqu’au lit où elle s’allonge en faisant tomber sa nuisette. Elle vous regarde vous déshabiller. Vous prenez soin de laisser votre épée à portée de bras. Vous vous allongez à côté d’elle, soutenant votre tête d’une main et la caressant de l’autre.

-- Ce n’est pas la première fois que cela arrive n’est-ce pas ? lui demandez-vous doucement mais fermement. Son visage s’attriste brusquement à la fois surprise de votre question et heureuse peut-être de pouvoir se délivrer du fardeau.
-- Euh… Non … Pas première fois … trois fois déjà … Dit-elle avec son surprenant accent des montagnes de l’Est.
-- Cette semaine ?
-- Hmmm… Première fois , 2 semaines . Fille gentille, disparue. Personne savoir où elle être. Deuxième fois, trois jours, fille moi pas connaître. Elle retrouvée morte dehors. Là-bas. (Elle montre une direction du doigt). … Et maintenant , Miriame … Miriame vivre oui ?
-- J’espère très chère Anna , j’espère . Dites-vous en lui caressant les cheveux. Dame Efidie a des ennemis ?
-- Mah , obligé ! Beaucoup personnes pas aimer nous le jour et aimer nous la nuit. Eux vouloir montrer enfant et femme que nous pas bien. Femmes pas aimer nous du tout parce que nous aimer sexe. Femmes dire que sexe pas bien. Mais Dieu pas donner sexe si sexe pas bien !!!
-- Hmmm.. oui mais ces dames pensent que le sexe ne doit servir que la reproduction… et…
Anna s’assied brusquement en tailleur sur le lit et ouvre sa vulve luisante pour en souligner son clitoris. Vous êtes à la fois pétrifié de cette discussion impromptue et du naturel d’Anna et exité par le spectacle. Elle reprend:

-- Ça rien servir à reproduction ! Et pourtant ca procurer énormément plaisir ! Dieu pas donner ça si servir à rien ! – Elle s’enfonce un doigt dans le vagin en se mordant les lèvres – Ca donner plaisir mais pas tout le temps, pas forcément, pas chez toutes les filles – Puis elle ressorts son doigt doucement et le remonte sur son bouton d’or en se cambrant – Mais ça … ça être cadeau de Dieu … ça être gratuit et servir uniquement rendre femme heureuse … Moi accepter le cadeau et pas insulter Dieu en laissant prendre poussière . Beaucoup femmes croire que ça pas bien mais c’est surtout homme dire depuis tout le temps que ça pas bien et femme finir par croire. Mais homme prendre uniquement plaisir ici – Elle se renfonce un doigt – alors forcément eux dire que le reste pas important et pas bien. Homme taper plus fort et faire lois donc tout le monde accepter et finir par croire que c’est vérité. Mais si homme accepter lui tout entier, pas uniquement sexe, pas avoir honte , pas se cacher, et donc Dieu content que homme fier de lui et accepter lui revenir. – Elle se penche en arrière en poussant son bassin vers vous portant par là même sa vulve en avant. – Moi pas honte et prêter cadeau…

Les yeux de Anna pétillaient d’une étrange flamme. Il n’y avait aucune perversité ni à l’inverse aucune naïveté stupide. La situation vous sidérait. Cette jeune femme s’acceptait complètement et il était bien possible que tout ce qu’elle venait de vous raconter ne soit qu’une mise en forme adaptée à la culture de Franchepluy. Une sorte de discours bien rodé et imparable pour vous faire comprendre qu’elle comptait bien exister et participer activement dans ce qui allait suivre, que vous n’étiez pas l’unique maître d’œuvre, qu’elle était votre égale.

Vous approchez doucement votre visage entre ses jambes pour finalement poser un baisé sur son bouton d’or luisant. Elle gémit. – Moi avoir tout de suite vu que toi être un Homme –

Vous avez continué ainsi par suction, coup de langue sur coup de langue jusqu’à ce qu’elle vous invite à vous redresser, ruisselante, les pommettes rose vif.

Vous avez repris vos esprits bien plus tard. Certes, vous aviez déjà pratiqué ces « techniques » mais jamais dans cet état d’esprit. À dire vrai, cela faisait très longtemps que vous n’aviez passé pareil nuit. Vous regardiez Anna somnoler avec perplexité, presque émerveillé et en même temps un peu honteux d’avoir pris une telle leçon. Avait-elle raison, avait-elle tort ? Cela n’avait aucune importance à présent car pour vous, seuls les faits importaient et le fait était que vous veniez de connaître l’acte d’amour à deux, au sens réel de l’expression.

Anna se retourne doucement vers vous. Vous lui expliquez que vous allez enquêter sur cette affaire. Vous êtes déjà habillé et enfilez votre cape. L’aube va se lever dans un peu plus de deux heures. – C’est bien . Toi pas être en amour de moi . – Et elle se retourne de l’autre côté du lit en remontant les draps sur ses épaules. Vous restez presque bouche bee en sachant que cette mystérieuse phrase allait certainement vous hanter toute la journée.

En revenant au rez-de-chaussée, vous remarquez une lueur de bougie dans une des pièces attenantes.


[ Vous vous approchez. ] - Allez au 4

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Il y a Miriame allongé sur un lit et une des filles qui veille à ces cotés. Elle sursaute en vous voyant.

-- Alors ? murmurez-vous
-- Elle est vivante mais… Le maître Jean a dit qu’il fallait attendre 2 jours pour être sûr qu’elle s’en sorte… (Elle renifle doucement)
-- Elle ne loge pas ici ?
-- Si, enfin, non des fois nous allons chez le client pour quelques jours …
-- Et là elle était chez l’un d’eux ?
-- Euhh … Je ne sais pas si je peux …
-- Mais oui vous pouvez , c’est mon métier
-- Ah … Et bien oui elle revenait de chez un riche artisan du quartier ouest.
-- Et plus exactement ?
-- Oh mais non ! Je veux dire : ce ne peut pas être l’agresseur car il est handicapé des jambes et …
-- Et il ne peut pas avoir de complices ? …
-- Ah … oui … Je … C’est lui qui tient la boutique de la « fine forge »
-- Bien. Et les deux autres ?
-- Les … ?
-- Allons … La disparue et la morte.
-- Vous êtes bien matinale Messire Arthur . Interrompt Dame Efidie dans votre dos. Louise, laissez-nous et allez vous coucher, je vais terminer la veille.

Louise s’exécute et Dame Efidie prend sa place. La faible lueur fait ressortir ses traits tirés et son inquiétude.

-- C’est plus fort que vous Arthur. J’aurais dû me douter que vous feriez parler Anna. – Elle ne vous regarde pas et fixe le visage de Miriame – Mais c’est peut-être mieux ainsi. Sait-on jamais, avec de la chance, vous ferez cesser ceci. La première fille s’appelle ou s’appelait Josie. Un matin, elle n’était plus là. Et malgré mes relations dont je vous laisse imaginer l’ampleur, il a été impossible de la retrouver. Quant à Madelaine, elle a succombé de ses blessures à 2 ruelles d’ici. Les mêmes atrocités qu’à Miriame. Et avant que vous ne posiez la question, sachez qu’elle ne revenait pas de la « Fine Forge » mais d’un autre client, à l’opposé qui plus est. Voilà. C’est tout ce que j’ai à vous dire.
-- Et la milice?
-- Le capitaine Herbert a été très franc avec moi. Il a autre chose à faire que protéger les putes. C’est ainsi.
-- Hmmm … je vois.
-- Non, messire Arthur, vous ne voyez pas. Vous ne voyez rien. Vous venez vous décharger ici et puis c’est tout. Vous vous intéressez à cette affaire uniquement par culpabilité, pour rembourser cette nuit offerte par la marque de votre considération et … arf … pardonnez-moi; je suis exténuée.
-- Je comprends Madame. Mais vous vous trompez. Je compte bien résoudre cette vilaine histoire.
-- Dieu vous entende.
-- Hmmm… Josie était avec un client avant de disparaître ?
-- Oui. Mais je le connais bien et il n’a rien à se reprocher.
-- Je suppose que vous l’avez questionné juste après la disparition ?
-- Oui. Josie était aussi joyeuse et sensuelle que d’habitude. Il n’a rien remarqué de particulier.
-- Bien. Y’a-t-il quelque chose que je puisse faire ?
-- Non Messire. Si vous arrivez à trouver la raison de ce carnage ce sera déjà beaucoup.

Vous la saluez en inclinant la tête et vous retirez. Harty est un costaud gaillard. Chacun de ses poings couvrirait facilement votre nez, votre bouche, une joue et une arcade ou quelques cotes. Pourtant, il respire la gentillesse.


[ Dis moi le gros, tu l'avais baisé celle-là ? ] - Allez au 26
[ Excusez moi Harty ? ] - Allez au 5

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-- Excusez-moi Harty ?
-- Oui Messire ?
-- Dame Efidie me laisse enquêter sur cette vilaine histoire et je me demandais si le dernier client de Josie, avant sa disparition, était bien parti normalement ?
-- Ah. Oui, il est parti sur ses deux pieds, l’un après l’autre. Il semblait fatigué comme à chaque fois car Josie n’avait pas son pareil pour …
-- Oui oui, je vois. Donc rien d’étrange. Mais cet homme … comment s’appelle-t-il déjà ? Messire … Messire …
-- Dame Efidie ne vous l’a pas dit ?
-- Si si , mais je l’ai déjà oublié !
-- Alors retournez lui demander . Dit-il en souriant
-- Arf … Peu importe. En tout cas, merci.
-- De rien Messire.

Le soleil vient de se lever quelque part à l’horizon. La rue baigne dans une lumière bleu clair. Il fait toujours aussi froid et vous enfilez rapidement vos mains dans vos poches.


[ Vous prenez la direction du bâtiment de la milice. ] - Allez au 6

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Le bâtiment de la milice est une sorte de cloître géant, sur trois étages. Les fenêtres y sont minuscules, pour qu’elles puissent servir à la fois de meurtrière et de fenêtre de cellule efficace. Une dizaine de miliciens en uniformes sombres sont en train de se séparer par couple quand vous arrivez devant la porte. Ils partent commencer leur ronde dans Franchepluy, emmitouflés dans leur épaisse armure d’acier. Vous êtes rapidement dirigé vers un sous-officier chargé des recherches de disparus. Franchepluy est une des rares villes à être aussi bien organisée pour ce qui est de sa sécurité, au point qu’elle est réputée pour être la ville la plus sure des contrées du Sud.

-- Messire ?
-- Arthur Bouline. Je cherche des renseignements sur des prostituées disparues ou mortes dans le mois qui vient de s’écouler.
-- Hmmm… Et ? Vous êtes le Saint protecteur des putes ?
-- Non, simple détective.
-- Ah. Nous n’aimons pas trop que des personnes se substituent à la milice de Franchepluy. Mais comme nous n’avons pas le temps de nous en occuper, tout ce que je peux vous dire c’est que nous comptons une déclarée disparue, 3 mortes et une nouvelle dans un état incertain depuis ce matin. 3 d’entre-elles travaillaient pour l’établissement « Chez Dame Efidie » et 2 autres chez « Le nœud tendu » . Sont suspectés tous les hommes sensibles aux charmes provocants, ainsi que toutes les femmes jalouses. Bon courage Messire Bouline.
-- Merci beaucoup

Vous refermez la porte derrière vous, faites quelques pas en réfléchissant avant de comprendre que vous ne savez pas où se trouve « le nœud tendu »


[ Vous revenez en arrière ] - Allez au 7
[ Vous trouverez bien par vous-même ] - Allez au 27

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Vous revenez en arrière et frappez 3 petits coups secs. « Entrez ! » semble avoir gueulé le sous-officier.
-- Encore vous ?
-- Hmmm… Oui, pardonnez-moi de vous importuner mais …
-- Dépêchez-vous
-- Où se trouve l’auberge du « Nœud joyeux » ?
-- Pfff … Vous ne devez pas en résoudre beaucoup des affaires hein ? Bon. Ce n’est pas l’auberge du Nœud Joyeux mais le bordel du Nœud TENDU. C’est après qu’il est joyeux. Quant à l’adresse, au-delà du fait que je ne suis pas un guide touristique, c’est à 300 mètre à l’Ouest de la place des fondateurs. Vous voulez une boussole ou ça ira ?
Euh … Ça ira merci .


[ Direction le Nœud Tendu ] - Allez au 8

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La place des fondateurs portait bien son nom. C’était aussi logiquement la plus vieille place de la ville. Cette grande place était faite de 9 cotés ce qui lui avait valu chez les intellectuels et artistes le nom de « la grande ennéade ». Beaucoup s’interrogeaient sur la raison de cette forme, mais aucune indication n’avait été laissée par les fondateurs de Franchepluy. Une grosse pierre trônait fièrement au milieu de la place. C’était la première pierre de Franchepluy. Il n’y avait rien d’autre. Cette place attirait des regroupements divers, plus ou moins mystiques. Au moment au vous la traversez il y a sur votre droite une demi-douzaine d’artistes armés de chevalet pour reproduire sous différents angles la fameuse pierre rectangulaire. Vous croisez aussi le chemin d’un vieil homme qui semble prendre des mesures de la place et note le tout sur des petits parchemins. Bref, rien de comparable à la grande place du commerce. Vous dirigez vos pas vers l’Ouest et comptez 300 mètres. Ce n’est qu’à la troisième ruelle parallèle que vous repérez enfin une porte de bois massif avec comme enseigne un nœud marin forgé. Vous frappez puis vous reculez en levant les yeux vers les étages supérieurs. Une jeune femme est accoudée au premier. Elle vous sourit et vous lance : « T’es du matin mon mignon ? Vient me voir, demande Fanny. » Puis elle se passe doucement la langue sur les lèvres, se penche en avant et ouvre son corsage laissant apparaître deux obus aux tétons auréolés de rose pourpre. Elle referme la fenêtre. La porte s’ouvre. Un homme balafré vous fait un signe de la tête genre « Qu’est ce que tu veux avorton ? » .

[ Euh… Bien le bonjour, on m’a beaucoup parlé d’une certaine Fanny … ] - Allez au 9
[ Te poser des questions ] - Allez au 28

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« C’est 50 pièces » Vous répond le monstre de l’entrée. Vous faites quelques pas pour entrer et il vous dégage le passage de sa masse imposante. Il vous tend la main sans un mot. Vous la remplissez du nombre exact.

- 48… 49 … et 50
- Au premier la deuxième porte à droite. Tu fais le con, je te tape. Tu l’humilies, je te tape. Tu t’éternises, je te tape. Compris ?
- Cela me semble très claire.

Vous le saluez et grimpez l’escalier. La décoration n’a rien de comparable à l’établissement de Dame Efidie. Ici tout est bois, cordage et autres symboles marins. Les teintes sont bleues, du clair au profond et sombre en passant par des verts chaleureux. A part le balafré l’atmosphère est tout de même accueillante. Vous frappez 2 petits coups à la porte indiquée. La jeune Fanny vous ouvre. Elle est magnifique, même à cette heure matinale. Elle a des cheveux bruns, longs et bouclés. Son corsage est resté ouvert et elle ne porte qu’un des jupons de sa robe. « Tu veux faire ça dans le couloir mon mignon ? » Vous murmure-t-elle en ouvrant grand la porte. Vous entrez. Elle referme et se dirige vers le lit en faisant tomber son jupon mais en gardant son corsage. Elle monte sur le lit et se met à quatre pattes dessus en vous tournant le dos vous offrant par là même son dos cambré et ses fesses rebondies ponctuées de deux trous qui vous appellent.


[ Vous êtes là pour enquêter ] - Allez au 10
[ Le plaisir avant tout ] - Allez au 31
[ L'humiliation avant tout ] - Allez au 32

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Votre nuit a été assez épuisante pour que vous ne remettiez pas ça tout de suite. Certes, votre trique n’a rien à envier à un manche de pioche et le coup serait rapide, mais vous vous asseyez sur une chaise en vous concentrant.

- Dépêche-toi mon mignon, je n’en peux plus. Vous gémit-elle en se caressant la toison.
- Hurm … A vrai dire je suis là pour enquêter sur tes copines assassinées…
- Quoi ??!! Répond-elle en se retournant d’un coup. Sale conard de milicien !…
- .. Non , je …
- FRED !!! Gueule-t-elle vers la porte
- … Non non, attendez je vais vous expliquer …
- FRED !!!

Vous entendez une masse grimper 4 à 4 l’escalier.


[ Vous sautez par la fenêtre ] - Allez au 11

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Il va vous taper, c’est certain. Entre risquer de perdre une cheville et être sure de perdre une cote et un visage vous n’hésitez pas, en trois mouvements vous avez ouvert la fenêtre, l’avez enjambé, le temps de voir le balafré entrer dans la pièce et vous fixer comme une proie, avant de vous laisser tomber.

Vous avez eu la chance d’une très bonne réception et partez en courant. Vous vous retournez le temps de voir que ce con de balafré fait la même chose que vous, qu’il est déjà au sol et commence à vous courir après. Avez-vous déjà couru aussi vite ? Peut-être pas. En tout pas à cette heure-là. Peut-on attendre quelconque mansuétude de la part d’un monstre monomaniaque ? Non ; alors vous courez encore plus vite. Vous finissez par vous arrêter à bout de souffle dans une méandre loin dans le quartier Ouest. Vous l’avez semé. Il a certainement arrêté la course dès le deuxième virage. Vous vous allongez au sol, exténué. Votre respiration fait d’énormes volutes de brouillard sortant de votre bouche.


[ Vous repartez. ] - Allez au 12

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Au bout d’un quart d’heure, vous vous relevez. Votre poul est redevenu stable, mais vos jambes sont faibles. Vous ressortez de la méandre, tournez à droite et il est là. Lui. Il a l’air sur le coup aussi surpris que vous. Il est en sueur, son crâne fume. Il est à 10 mètres de vous, il lève le doigt en lançant « Je t’avais prévenu ». Et il vous fonce dessus. Vous êtes pétrifié. La fatalité fait plus de 100 kilos.

[ Ne pas bouger et esquiver. ] - Allez au 13
[ Fuir, courir, vite ] - Allez au 33

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Vous n’avez plus la force de courir. De toute façon, il a de l’élan et vous sauterait dessus. Il ne reste qu’une solution, parier sur son manque d’agileté. Vous ne bronchez pas et prenez une position de garde pour l’attendre en corps à corps. Il n’y aura pas de deuxième chance. Vous attendez le dernier millième de seconde pour vous décaler sur la gauche tout en levant votre genou droit. Vous sentez son poing effleurer votre oreille droite et votre genou s’enfoncer dans son ventre. Le choc est si violent que cela vous projète à terre. Le balafré s’écroule le souffle coupé. Vous dégainez votre épée et revenez le surplomber en pointant le bout de votre lame sur sa gorge.

- Maintenant gros conard écoute-moi et réponds à mes questions.

Il peine à respirer. Votre cœur bas fort et rapidement, votre épée ne vous à jamais parue aussi lourde.

- Combien de filles ont été tués dans ton bordel?
- … 2…
- Est-ce qu’elles ont été mutilées ?
- Oui… Le salaud qui a fait ça a intérêt à pas se faire prendre …
- Est-ce que vous avez remarqué des choses particulières près des corps?
- Non … Rien… A part une petite perle de bois…
- Où les a-t-on trouvées ?
- Près du bordel …
- Est-ce que l’une des deux voyait le gars de la « Fine Forge ”?
- … Non…
- T’as autre chose à me dire ? Un détail? Un soupçon?
- … Non …

Vous retirez doucement votre épée de sous sa gorge. Un geste bien imprudent car au moment même où il n’est plus visé, le balafré se relève soudainement, vous attrape au niveau des bottes et vous fait basculer en arrière sans que vous n’ayez eu le temps de comprendre quoi que ce soit. Le reste est assez flou : Un choc au niveau de l’arcade, suivit d’un autre. Puis le noir et le silence.

Vous êtes recroquevillé près d’un tonneau à gouttière dans la rue quand vous revenez à vous. Il y a du sang sur le pavé et c’est le votre. Vous n’arrivez pas à ouvrir l’œil droit. Vous vous adossez au tonneau. Vous vous souvenez à peine du balafré dire « Quand j’ai dit, j’ai dit.» Vous remarquez ensuite, le flou se dissipant, que votre poing est fermé sur une petite perle de bois. La logique humaine est souvent bien étrange. A n’en point douter le fameux Fred vous invite à continuer votre enquête. Mais pour autant, pour une raison qui dépasse votre entendement, il vous a quand même défoncer le visage. Vous vous surprenez à penser que vous aimeriez bien être son ami après cette preuve incroyable d’honneur face à la parole donnée. « Fred, quand il dit, il dit. » Voilà votre conclusion et votre corps ne sait plus s’il a envie de rire ou pleurer.


[ Vous retournez à votre auberge vous reposer. ] - Allez au 14

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Vous êtes exténué et endolori. Sur le chemin du retour, vous faites un crochet vers un herboriste. En vous voyant, le jeune et fin apprenti fait une grimace compatissante, secoue la main tout en laissant échapper un « ouyouyouye ! ». Vous répondez par un rictus tendu et sortez votre bourse.

- Escalier ou porte ?
- une porte de plus de 100 kilos… - répondez-vous
- Uniquement le visage ?
- Oui
- Appliquez ceci (il vous tend un sachet d’herbes jaunâtres et molles) dès maintenant jusqu’à demain matin puis matin et soir passez-vous de ceci (un petit pot contenant une patte grumeleuse et grise), cela vous fera 3 pièces.
- Jusqu’à quand ?
- 3 pièces une fois seulement
- Jusqu’à quand la pate ?
- Ah … hehehe… jusqu’à ce que vous n’ayez plus mal.
- Vous auriez une idée de ce que c’est ? dites-vous en tendant la perle
- Une petite perle de bois
- Ecoute moi bien abrutis. Je suis fatigué et j’ai pas envie de rire alors fait pas chier.
- Hmmm… laissez-moi voir. – Il l’examine – hmmm… oui… Oui ce doit être ca…
- Quoi ?
- C’est une petite perle de bois rare qu’on se fout dans l’cul quand on est énervé et qu’on n’a pas d’humour.

Vous restez fixe quelques secondes avec en tête une question : Je le tape ou je le tape pas. Taper, pas taper. Pour , contre. En premier réflexe vous saisissez la situation : personne d’autre que vous deux dans l’échoppe, un comptoir vous sépare, il y a des fioles et autres pots de tous les cotés, le jeune herboriste est un peu maigrelet mais vous fixe sans broncher avec dans le regard, soit une confiance absolue, soit de la folie. Taper, pas taper. Violence, pas violence. Votre poing droit est serré, vous reprenez une décharge d’adrénaline et votre cœur s’emballe. Si vous le tapiez ce serait peut-être pour indirectement se venger sur un plus faible de la raclée que vous venez de prendre. A moins qu’il ne mérite une bonne leçon pour son insolence, en supposant qu’il aura fait le calcul que jamais vous n’oseriez remettre ça. Mais si vous ne le tapiez pas vous passeriez pour un faible vis-à-vis de vous-même, vous cherchant des excuses du genre : je ne suis pas pour la violence, on ne règle rien ainsi, je suis fatigué et suis agressif, il a raison.


[ Vous le tapez ] - Allez au 15
[ Vous ne le tapez pas ] - Allez au 34

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Votre poing est parti comme un éclair, comme s’il était autonome, comme si vous veniez de lâcher un chien enragé sur un lapin. Il s’est écrasé dans un claquement sec au milieu du visage de l’herboriste. Vous avez vu sa tête partir en arrière avec le choc. Vous restez immobile devant le comptoir, l’œil noir et le poing prêt à repartir. Le jeune égratigné se tient le nez qui commence à couler de sang.

- Je disais donc, pouvez-vous me dire à quoi peut servir et d’où peut provenir cette perle ?
- … Mon nez !!! … Mon nez !!! …
- Dois-je m’énerver ? Pensez-vous que si vous continuez à m’insulter je vais partir en vous remerciant ?
- … Arg … mon nez !… bordel …
- Bien (vous faites le tour du comptoir) je crois qu’il y a un problème de communication entre nous.
- Non non non attendez ! c’est bon ! faites voir votre perle !
- Voilà qui est raisonnable (vous lui remontrez la perle)
- C’est c’est … (il renifle la perle, la soupèse) … c’est du merisier, c’est rare. Et …
- Et ? …
- Oui oui, attendez , … euh… Le trou est assez large, ce doit être un gros collier ou pendentif, et … regardez, elle est usée, la personne doit tripoter régulièrement ce collier et jouer avec les perles… C’est tout ! Je ne vois rien d’autre à dire…
- T’es sure ? (vous levez le poing)
- Oui oui ! je vous jure !
- Je te crois. C’est bien. Merci.


[ Vous partez pensif ] - Allez au 16

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Vous partez, pensif. L’assassin est certainement une femme, une femme qui a l’habitude de tripoter son pendentif. Elle devait donc y tenir. Vous marchez la tête baissée pour éviter d’offrir le spectacle de vos blessures sanguinolentes. Vous arrivez enfin à votre auberge. Ghislaine, en vous voyant, porte la main à sa bouche. Vous prenez machinalement le sourire du guerrier qui n’a pas mal, serein dans la douleur, même si vous sentez encore battre votre pouls dans votre arcade. Vous lui demandez de vous préparer un grand bain chaud et monter dans votre chambre. Vous voilà, une demie-heure plus tard dans le bain, une serviette chaude sur le visage. Tous vos muscles, un par un, se relâchent. Vous revoyez les images de la nuit. Anna, la sainte prostituée, le corps de Miriame et ses plaies, le vieux Jean, l’élégante Efidie, vous revoyez toute la scène. Une légion de questions se bousculent dans votre tête. Est-ce que l’assassin a refait son collier ? Non, pas si c’était un pendentif. Il faudrait déterminer cela, pendentif ou collier ? La première a-t-elle vraiment disparu ? Et si c’était elle qui chassait ses anciennes collègues ? Dame Efidie vous a-t-elle tout dit? Et si le dernier client de la disparue était l’assassin ? Certes, cela ne résoud pas comment il aurait pu la faire disparaître tout en sortant par la grande porte. Il faudrait vérifier de l’impossibilité de passer par la fenêtre. Cela pourrait être aussi une femme jalouse. Une femme ornée d’un pendentif rare. Quel est le point commun entre toutes ces filles ? Elles se prostituent. Elles avaient peut-être un client commun. Cet homme n’a peut-être pas fini, c’est certainement un client fidèle, ou qui l’a été. La salle de bain est à présent brumeuse. Vous retournez la serviette sur votre front.

Vous sortez de votre bain une heure plus tard, la peau toute fripée. Vous retournez dans votre chambre pour finalement vous coucher en prenant soin de bien appliquer les herbes prescrites. Vous vous réveillez au milieu de l’après-midi, affamé. Vous retirez votre pansement d’herbes qui ont viré au rouge sang le temps que les plaies coagulent. Vous avez un superbe œil enflé et bleu-noir, une plaie à l’arcade et la pommette effritée.

Vous descendez vous assoire à une table coincée dans l’ombre d’une poutre. Vous regardez cette petite perle de bois mystérieuse.

- Tu as cassé ton chapelet ? Vous demande Ghislaine que vous n’aviez pas vu arriver.
- Non… je … c’est…

Magie de la comprehension. Passage fabuleux entre l’ignorance et le savoir. Trouver, c’est merveilleux. Perfection, fluidité et simplicité de l’évidence : Un chapelet. Un chapelet donc un prêtre. Et un prêtre est avant tout un homme, un homme avec un sexe, des pulsions, et une aura d’innocence. Votre esprit enchaîne à grande vitesse, vous voyez un prêtre molester une fille, elle se débat, crie, arrive à lui arracher son chapelet, les perles tombent en grappe, le prêtre redouble de violence et la fille garde son poing tétanisé sur une perle. Il les connaît toutes, elles savent qu’il est prêtre, c’est évident. Il efface les preuves de son pécher. Vous éclatez de rire, vous êtes certains de votre coup.

- Tout va bien Arthur ? Vous demande Ghislaine
- Oui, tout va pour le mieux, tout s’éclaire. Grâce à toi !
- (Elle rougie) Tu veux manger quelque chose ?

La douleur a disparu avec votre fatigue. Vous vous êtes gavé et réfléchissez à la stratégie que vous allez adopter pour trouver et démasquer ce prêtre.

Vous vous préparez sereinement dans votre chambre en finissant par une touche de crème sur votre plaie comme vous l’avait indiqué l’herboriste. Le soleil a déjà fuit derrière l’horizon, il ne veut pas voir ça, la nuit va être longue, vous êtes remonté à bloc. Dans ces moments d’exaltation vous êtes à chaque fois étonné de voir votre odorat se réveiller d’un coup. C’est le cas, vous sentez l’odeur forte du dîner de ce soir remonter de la salle à manger de l’auberge, les relents de parfum du bain que vous avez pris et l’odeur épicée de la patte que vous venez de passer sur votre arcade.

Vous descendez et souriez à Ghislaine. Cette fois votre sourire est celui du chasseur qui va s’amuser dans les bois et compte bien revenir avec un beau trophée, sauf qu’au lieu d’une tête de sanglier il s’agira peut-être bien d’un manche à couilles de curé. Le printemps arrive, vous le sentez à l’odeur du froid qui a changée.


[ Direction chez Dame Efidie ] - Allez au 17

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Durant tout le trajet qui vous mène à la porte de chez Dame Efidie vous réfléchissez au moyen de démasquer un prêtre. Difficile tache. Vous examinez les différentes hypothèses en gardant toujours en tête la possibilité que vous soyez dans l’erreur. Sur les dix derniers mètres vous avez une pensée pour Anna. Vous frappez et Harty vous fait rentrer. Harty a les traits tirés et les yeux rouges. Vous comprenez immédiatement que Miriame est morte. Le hall, qui était joyeux et doux hier, est à présent plongé dans une obscurité pâle, à peine éclairée de quelques bougies. Vous entendez un sanglot étouffé dans la pièce d’à côté. Il y a cette odeur particulière de la mort qui plane, mélangée à l’odeur de la suie de l’éclairage. Vous avancez doucement. Harty vient de renifler derrière vous. Vous n’osez vous retourner. Il doit être particulièrement attaché aux filles de Dame Efidie, il est certainement un grand frère pour elles. Vous êtes même prêt à parier qu’il n’a jamais touché aucune d’elle. C’est une sorte d’archétype de la relation respectueuse. Tous sont là pour un travail, un travail des plus sordides et éprouvants par rapport aux espoirs que chacun d’eux pouvaient se faire lorsqu’ils étaient très jeunes, et, malgré cela, des relations d’une extrême humanité se créent. En tout cas, parfois, car au fond, il se pourrait bien que dans beaucoup d’autres bordels il en soit tout autrement.

[ Vous questionnez Harty ] - Allez au 18

---[ 18 ]---


Ce n’est peut-être pas le moment d’aller poser des questions à Dame Efidie ou aux filles. Vous profitez que tous soient dans la pièce autour du corps pour parler avec Harty.

- Je crois savoir qui c’est…
- Ramène-le, prouve-le et je m’occuperai de lui
- J’ai une question à te poser avant
- Vas-y
- Est-ce qu’il y a un prêtre parmi les clients ?
- Un quoi ? un prêtre ? Tu vois un prêtre venir en soutane ici ?
- Pourquoi, il ne peut pas venir autrement qu’en soutane ? Elle est cousue à sa peau ?
- … (Harty baisse la tête perplexe) … Il faudrait demander aux filles… Mais je crois que … oui … Josie m’avait parlé d’un type qui lui avait demandé des trucs étranges. Il tenait à réciter des paragraphes de la bible en se faisant sucer. Elle n’a jamais voulu me dire qui s’était. Mais cela arrive souvent que les gars demandent des trucs hors normes.
- A croire qu’il n’y a pas de normes…(Harty relève le regard vers vous, interloqué) … Mais dis-moi, les filles discutent de leurs clients entre-elles ?
- Non. Uniquement si elles l’ont en commun. Elles n’en parlent même pas à Dame Efidie. C’est le genre de règles qui fait la qualité de cet endroit.
- Hmmm … je vois. Anna est en haut ?
- Non, elle est avec les autres.
- Et sinon, chaque fille garde tout le temps la même chambre ?
- Oui, c’est plus pratique pour tout le monde.
- Et la chambre de Josie, c’était laquelle ?
- Au premier, la deuxième porte à gauche.
- Hmmm… Bien , je vais aller vérifier un truc dehors , je reviens tout de suite.

Vous sortez contourner la bâtisse. En chemin vous imaginez le prêtre assommer ou tuer Josie, puis la jeter par la fenêtre avant de partir comme un bon client. Le problème qui se pose alors et de savoir comment il a transporté le corps et ou. Vous tournez une fois à droite, puis encore une fois et longez une minuscule ruelle avant d’arriver sur une petite place. Vous restez figé. La petite place est entourée de diverses maisons, dont celle de Dame Efidie, mais aussi, en face, d’une petite chapelle. « Etre proche de sa victime » voilà la phrase qui traverse votre esprit.


[ Vous retournez voir Dame Efidie ] - Allez au 19

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Harty vous jette un regard absent à travers l’œilleton avant de vous laisser entrer. Vous approchez doucement de la salle de veillée funèbre. Elles sont toutes là, toutes vêtues d’habits sombres. Le vieux Jean est dos à vous au chevet de Josie, Dame Efidie est assise en arrière de la scène, le regard dans le vide, cernée au possible, elle ne vous a pas vu arriver. D’ailleurs, personne ne vous remarque ou ne fait attention à vous. Vous avancez vers la vieille femme. Elle finit par tourner la tête vers vous, mais son visage reste sans expression. Vous lui faites un petit signe de la tête, sobre et respectueux, pour l’amener à vous suivre dans une autre pièce. Pendant qu’elle se lève sans dire un mot vous regardez la morte. Vous vous figez. Ce n’est pas le vieux Jean qui est au chevet de la défunte mais un prêtre. Il a une main posée sur le front de Josie et de l’autre, il fait tourner un chapelet dont vous reconnaissez sans hésitation possible les perles de bois. Il a les yeux fermés, la tête inclinée, et ses lèvres bougent au rythme silencieux de ses prières. Dame Efidie est à vos côtés et vous sortez de la pièce.

[ Vous lui dites tout ] - Allez au 20

---[ 20 ]---


Dame Efidie vous ressort la bouteille d’eau-de-vie qui vous avait détruit l’œsophage. Vous vous asseyez l’un en face de l’autre.
- Alors Messire Arthur, il semble que votre enquête ait rencontré des obstacles ?
- Ah … oui effectivement mais rien d’insurmontable.
- Vous m’en voyez fort aise. Que me vaut donc votre visite ?
- Je sais qui c’est.

Elle vous fixe sans broncher.

- Mais promettez-moi avant que je vous le dise de rester calme, vous comprendrez après.
- Je vous le promets, dites le maintenant.
- Il s’agit de votre prêtre.

Son visage blêmi et se contracte.

- Vous avez des preuves j’espère …

Vous faites rouler la petite perle de bois sur la table. Elle la regarde, crispée, ses yeux rougissent de rage et de fatigue.

- C’était dans la main d’une des filles du « Nœud Tendu ».

Dame Efidie avale cul sec son verre, s’en ressert un et regarde la perle dans sa paume ridée.

- Saviez-vous qu’il était client de vos services et l’est encore peut-être ?
- Oui
- C’est lui le dernier à avoir vu Josie n’est-ce pas ?
- Effectivement. Vous devez vous tromper, ce n’est pas possible que ce soit lui. Je le connais depuis trop longtemps.
- Je comprends votre réaction, et une simple perle ne saurait suffire à le démasquer. Par contre, j’ai besoin que vous me disiez tout à son sujet et en premier lieu si, comme je le pense, il avait bien été reçut par vos trois filles attaquées.
- Oui, mais pas seulement. Vous voyez bien que vous vous trompez.
- Qui a-t-il vu d’autre ?
- Sylviane.
- Me laisserez-vous lui parler ?
- Elle n’est pas là, un client l’a emmené pour quinze jours à ses côtés pour un voyage d’affaire.
- Elle revient quand ?
- Dans 5 jours, vous pourrez lui parler à ce moment là.
- Je vois.

Dame Efidie vous rend la perle comme si elle venait de prendre une décision tranchée. Elle se lève, fini son verre et repars vers la salle funèbre. « Je comprendrais parfaitement que vous abandonniez cette enquête Messire Arthur » Vous dit-elle sans se retourner.


[ Vous en profitez pour aller à la chapelle. ] - Allez au 21

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Dame Efidie vous croit, mais elle ne veut pas s’y résoudre. Vous pourriez abandonner ici et laisser Sylviane à son sort funeste. Car à n’en point douter, il l’attrapera dès son retour. Mais non, vous êtes un homme de principe et votre principe vous dit que s’il y a une possibilité d’être le sauveur des plus belles prostituées de Franchepluy il faut la saisir.

Vous sortez en reprenant la direction de la chapelle. Le prêtre étant occupé, c’est le moment ou jamais d’aller chez lui. Il fait toujours aussi froid et les rues sont toujours aussi désertes. Vous longez la place comme une ombre. Dos à la chapelle vous essayez d’imaginer le prêtre portant le corps de Josie jusqu’ici. Vous contournez la chapelle pour finalement trouver la petite porte de l’office. Elle est ouverte. Vous vous faufilez à l’intérieur. Ça sent l’encent. De gros cierges éclairent les murs de leur teinte jaune-oranger. Vous passez de pièce en pièce avec une idée bien précise, trouver une cave. Un escalier descent d’un palier près de la cuisine des appartements. Vous prenez un bougeoir et entamez la descente. Vous ouvrez doucement la vieille porte de bois rongé par l’humidité. La terre remplace la pierre et vos pas ne font plus aucun bruit. Il y a différentes victuailles, jambons et autres tonneaux. À l’autre bout de la pièce, il y a une porte de bois massif ornée d’une très belle serrure.


[ Vous l’examinez pour la crocheter. ] - Allez au 22
[ Vous écoutez à la porte ] - Allez au 35

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Vous l’examinez. Certes, elle est bien ouvragée, mais ce n’est ni plus ni moins qu’une serrure. Vous sortez votre petite trousse pleine de pics et autres pointes plus ou moins effilées pour un crochetage en règle. Le cliquetis du succès vous rassure sur vos compétences. Vous ouvrez doucement la porte.

La pièce est très humide et l’odeur y est indescriptible. Il y a une paillasse, bien que le mot soit encore trop luxueux, dans un coin, sur laquelle gît un corp nu. C’est un corps de femme, sale, meurtrie, replié sur lui-même. Votre bougeoir éclaire dans des teintes trop jaunes pour savoir s’il s’agit d’un cadavre ou non. Cela dit, l’odeur de la décomposition vous aurait certainement empêchée d’entrer. Et puis il y a cette petite écuelle sur le sol. Vous vous approchez doucement. Le corps ne bronche pas. Vous posez le bougeoir au sol et faites quelques pas de plus. Vous vous accroupissez à ses côtés et dégagez doucement les cheveux empaquetés qui masquent son visage. Elle respire encore, mais semble perdue entre le coma volontaire, l’épuisement et la mort. Vous ne vous faites pas d’illusions sur son identité. Il vous faut faire vite.


[ Vous l’emportez au plus vite. ] - Allez au 23

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Il faut faire très vite. Vous ôtez votre cape pour l’enrouler dedans. Vous n’aurez aucun mal à la porter tellement elle est maigre. La difficulté sera de la transporter avec le bougeoir. Elle est si légère, si frêle, que la rage commence à gronder au fond de votre être. Vous n’avez finalement aucun mal à la remonter. Vous partez et retraversez la place le plus vite que vous pouvez. « Tient bon ma petite, tient bon. » Susurrez-vous à Josie qui ne s’éveille pas. Vous donnez un grand coup de pied dans la porte du bordel. Harty ouvre l’œilleton d’un coup sec puis écarquille les yeux en vous voyant. Vous entrez. Harty est dans tous ses états.

- Mais … comment !
- Empêche le prêtre de partir et envoie une fille chercher le doc.

Harty ne répond étrangement pas. Vous tournez la tête pour voir ce qu’il en est et avez une vision comme rarement. De la colère pure, de la colère incarnée et condensée. Harty à tous les muscles tendus et, il fixe le corps inerte de Josie. Il ne fait plus attention à vous ; il se met en mouvement vers la salle du deuil, d’un pas à la fois lent et puissant comme un rocher commencerait sa chute sur une pente douce. « Non Harty » Dit-vous en vous levant à sa suite. Harty traverse le cercle des filles autour du lit et se dirige vers le prêtre toujours assis au chevet de Miriame. La grosse main de Harty empoigne entièrement le cou du frêle curé. Harty ne dit mot, le prêtre ouvre la bouche, mais aucun son n’en sort, à peine un filet d’air. Puis Harty lève le bras, soulevant le petit homme contre le mur. Abasourdi par la scène, personne ne bronche, bouche bee. Vous-même êtes pétrifié par les événements. Harty porte sa deuxième main sur l’entre-jambe du prêtre qui ouvre alors un peu plus grand sa bouche muette.


[ Vous devinez l’issue et c’est mieux ainsi. ] - Allez au 24
[ Il faut qu'il avoue ] - Allez au 36

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Harty passe sa main sous la robe du prêtre tout en le tenant au-dessus du sol contre le mur de l’autre main. Puis soudain sa main se serre comme un étau et se retire d’un coup sec. Un silence atroce sort du visage du prêtre. Des filles s’évanouissent à la même fraction de seconde. La main d’Harty est ensanglantée. Il enfonce alors la chaire qu’il en a retirer au fond de la gorge du prêtre et lui sert de plus belle pour l’achever. Votre regard se porte sur la petite flaque de sang qui commence à se former sous la robe noire. Un petit filet de sang la fait grossir à vue d’œil. Un sang rouge brun, presque huileux. Un chapelet tombe mollement au milieu de la flaque et le prêtre expire une dernière fois, les yeux révulsés. Harty semble tétanisé, il ne bouge plus. Dame Efidie lui pose une main tremblante sur l’épaule « C’est fini Harty, c’est fini » Lui dit-elle doucement. « Arthur a ramené Josie, elle est dans l’entrée, il faut faire vite. » Réponds Harty sans bouger pour autant son bras, ni dévier son regard. Dame Efidie se retourne brusquement vers vous. Vous lui faites un signe d’acquiescement et tous accourent dans le hall d’entrée en poussant divers cris sans expression. Il ne reste qu’Harty et vous dans la salle funèbre. Vous approchez doucement. Harty tient toujours le prêtre au-dessus du sol.

- Je comprends ta rage. Lui dites-vous.
- Ce n’est pas de la rage…
- …
- Je sens encore un peu son poul. Vous répond-il calmement
- …
- Voilà. C’est fini.

Il lâche le corps qui tombe comme une marionnette sans fils. Harty a les yeux rouges et cernés de larmes. Cela vous émeut malgré vous de voir un tel monstre pleurer en silence. Vous restez de longues secondes à contempler la misère de ce corps inerte, de ces deux corps inertes.

Vous lâchez un soupir et retournez lentement vers le hall d’entrée. Le vieux Jean est toujours en train d’examiner Josie. Toutes les filles regardent cela avec inquiétude, toutes sont pâles et visiblement épuisées. « Va me chercher ma deuxième trousse Eva » Lance-t-il. Une des filles s’en va en courant dans les appartements.

- Alors ? Demandez-vous d’une voix forte malgré vous

Le vieux Jean n’interrompt pas son examen et se racle la gorge : « Elle va s’en sortir ». Dame Efidie et les filles lâchent un soupir de soulagement à l’unisson. Des sourires renaissent ici et là, d’autres craquent et s’effondrent en pleurs et sanglots. Anna vous tombe dans les bras et vous couvre de baisers en larmes tout en vous sussurant des «merci» hystériques.

- Messire Arthur ?

Toutes les filles s’arrêtent de parler et se tournent vers Dame Efidie. Anna se décroche de vos bras et se recul sur le coté. Dame Efidie s’approche de vous, vous prend la main puis pose sa deuxième dessus. Elles sont douces et fines. Elle semble chercher ses mots puis se lance :

- Je crois pouvoir dire au nom de tous que nous vous sommes immensément reconnaissants… Mais je sais aussi qu’un homme tel que vous demande plus que de la reconnaissance et… Voici (elle vous tend une petite bourse)… Mais j’ai aussi ouïe dire que vous viviez temporairement dans une auberge et il s’avère que la moitié de notre grenier est inutilisée et tout à fait transformable… Aussi … A moins que vous ne soyez que de passage évidemment …

Toutes les filles vous regardent en souriant. Certaines font oui de la tête. Vous souriez à votre tour. « Avec joie » répondez-vous finalement en rangeant la bourse dans votre poche.




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Un meurtre de prostituée, rien de tel pour tomber dans un nœud de vipères. Certes vous êtes le meilleur des détectives, certes vous auriez peut-être pu résoudre ce meurtre en quelques heures. Peut-être même y avait-il tout à gagner. Mais la lassitude de ses derniers mois a gagnée sur votre verve. A quoi bon? A quoi bon aider ces gens , a quoi bon aider les miséreux du corps ? Ils ne vous méritent pas.

La porte est restée entre ouverte et vous partez sans un mot. Il reste ce regard que la jeune Anna vous a adressé en vous voyant partir. Presque culpabilisant. Mais la culpabilité s'efface avec le temps, il suffit de ne pas se regarder.

Vous avez failli vivre une aventure. Bravo. Vous l'avez échappé belle...



---[ 26 ]---


Harty vous sourit à pleines dents. Cela reste tout de même un sourire étrange car il ne semble pas adapté à votre trait d'humour. Il vous tend la main et machinalement vous tendez la votre. Il la saisit, vous passe votre bras dans le dos sans que vous ayez le temps de donner le moindre ordre à un de vos muscles. Une fois dans votre dos, il vous prend la tete de l'autre main et vous cogne le visage d'un petit coup sec et précis sur le mur. Vous sentez le cartilage de votre nez vriller sur la pierre. La porte s'ouvre et avant de vous laisser dehors il vous susurre à l'oreille "Dis-toi que ces filles sont comme mes sœurs. Apprends le respect ”et la porte se referme.

[ Votre nez ne saigne plus et vous partez en direction des bâtiments de la milice ] - Allez au 6

---[ 27 ]---


Poser une question à un passant, c'est très simple en théorie. En pratique, ça l'est aussi quand il s'agit de trouver un cimetière, une boulangerie, ou une forge; mais pour ce qui est d'un bordel, c'est plus compliqué. D'autant plus que les Francheplins font régulièrement preuve d'un humour sans détour. Aussi, vous avez arrêté de demander où est l'auberge du "Noeud tendu" à force de vous entendre répondre "Dans ton cul !" suivit de rires gras. Ce n'est qu'au bout de 2 bonnes heures que vous avez réussis à obtenir une adresse.

[ vers le Noeud tendu ] - Allez au 8

---[ 28 ]---


- c'est 50 pièces la question. Dépèches-toi.

Vous le savez, vous avez à peine une centaine de pièces dans votre bourse.



[ Une question suffira ] - Allez au 29
[ Euh ... et Fanny est là ? ] - Allez au 9

---[ 29 ]---


Vous sortez 50 pièces et lui tendez.

- Il y a 2 filles qui ont été assassinées chez vous, j'enquête sur ces meurtres, avez-vous trouvé des indices?

Son visage se ferme. Il ne s'attendait certainement pas à ça.

- Pour qui tu travailles? vous répond-il.


[ "C'est 50 pièces la question". répondez-vous ] - Allez au 30

---[ 30 ]---


L'homme balafré vous toise du regard. Il hésite certainement à vous massacrer le crâne et finalement vous réponds:

- Ouai on a un indice.
- Ah oui ? Et lequel?
- Une perle de bois qu'une des filles serrait dans son poing. Maintenant que j'ai répondu à ta deuxième question tu me dois 50 pièces.

L'homme porte un large rictus. Ce gros con vous a bien eu. Le problème est que vous n'avez pas les 50 pièces qu'il demande, 40 tout au plus.

- Il faut que je me fâche ? Vous lance-t-il d'une voix sereine, presque d'une joyeuse impatience.
- Euh non ! Bien sure que non ! On va s'arranger! Voici tout ce que j'ai .

Il prend votre bourse et compte, tout en gardant un oeil sur vous.

- Je compte 28 pièces, il en manque 22... je vais devoir te taper.
- Mais non, allons ! Et la bourse ?! c'est du cuir très très rare ! Elle est d'une solidité a toute épreuve !
- Laisse tomber petit. J'ai décidé que j'allais te taper au moment ou tu a essayer de te foutre de ma gueule en me demandant 50 pièces.

Vous faites un pas en arrière. Il va vous taper, c'est certain. Ce gros bœuf va vous bousiller la tête si vous restez au corps à corps. Une seule solution: la fuite.

Tout vos muscles sont tendus et se détendent d'un coup sec vers la droite pour partir en courant. Vous avez fait 2 emjambées avant de perdre le controle de votre direction et vous écraser mollement contre un mur, poussé par une force invisible.

Vous êtes recroquevillé près d’un tonneau à gouttière dans la rue quand vous revenez à vous. Il y a du sang sur le pavé et c’est le votre. Vous n’arrivez pas à ouvrir l’œil droit. Vous vous adossez au tonneau. Vous remarquez ensuite, le flou se dissipant, que votre poing est fermé sur une petite perle de bois. La logique humaine est souvent bien étrange. A n’en point douter le fameux Fred vous invite à continuer votre enquête. Mais pour autant, pour une raison qui dépasse votre entendement, il vous a quand même défoncer le visage. Vous vous surprenez à penser que vous aimeriez bien être son ami après cette preuve incroyable d’honneur face à la parole donnée. « Fred, faut pas se foutre de sa gueule » Voilà votre conclusion et votre corps ne sait plus s’il a envie de rire ou pleurer.

[ Du repos ! ] - Allez au 14

---[ 31 ]---


Un tel cul, à 50 pièces qui plus est, cela s’honore. Le travail attendra. « Dépêches toi mon mignon » Gémit-elle en écartant une des ses fesses pour vous offrir sa vulve. Vous ôtez votre pantalon d’un geste assuré. Votre sexe raide bondit et vous approchez doucement. Elle garde la position en se cambrant un peu plus. Vous posez votre main sur sa hanche et l’empoignez fermement. Elle est visiblement humide. Elle est pile à la bonne hauteur et un petit coup de reins sec suffit à la pénétrer jusqu’à la garde. Elle inspire en se contractant, et abandonne ses coudes pour avoir la tête sur l’édredon. Elle est brûlante. Vous allez et venez avec force, sans la ménager. C’est biologique, c’est animal, c’est votre plaisir sans beaucoup de respect pour elle, le tout décuplé par cette position dominante. Elle pousse un petit soupir à chaque fois que vous entrez en elle. Mais déjà vous n’y faites plus attention ; il n’y a que son cul, son cul que vous tenez à pleines mains, son cul que votre sexe pourfend. Vous sentez bouillir une certaine violence, la source de la bestialité. Plus vite, plus fort, plus profond, vous regardez son petit trou se contracter spasmodiquement. Votre bassin claque contre ses fesses et vous déchargez avec rage, en sueur et essoufflé. Vous vous retirez et vous vous affalez sur une chaise. Elle se laisse tomber sur le côté, tout aussi essoufflée que vous. Un flot de pensées vous assaille devant ce spectacle de cette femme assoupie, rougie, brillante de sueur et offerte. Avez-vous été conscient tout du long ? Voilà la question incongrue qui vous traverse. Une bête, une bête faite de chaires et d’instinct a prit le contrôle de vous, une sorte d’état primordial. Elle se racle la gorge. Vous reprenez vos esprits et vous rhabillez.

- Eh bien dis-moi mon mignon, fallait que ca sorte ! dit-elle en souriant.
- … ( Vous lui rendez votre sourire) … A vrai dire je suis là pour enquêter sur tes copines assassinées…
- Quoi ??!! Répond-elle en se retournant d’un coup. Sale conard de milicien !…
- .. Non , je …
- FRED !!! Gueule-t-elle vers la porte
- … Non non, attendez je vais vous expliquer …
- FRED !!!

Vous entendez une masse grimper 4 à 4 l’escalier.



[ Vous sautez par la fenêtre ] - Allez au 11

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Lieus pervers, femme perverse, pratique perverse. Cette salope se tortille en gémissant et vous sortez votre sexe raide. Vous vous approchez, empoignez une fesse pour l’écarter et dirigez votre gland sur son anus. Elle a un sursaut et se contracte en criant « Non !! FRED !! FREEEED !!! »
Vous n’avez pas le temps de réagir que la porte s’ouvre avec fracas. Le monstrueux Fred vous fonce dessus. Difficile de fuir avec le pantalon sur les pieds. Quand son poing s’est écrasé sur votre visage, vous avez entendu divers craquements ; une ou des dents, le nez, des cervicales. Puis il y a eu un voile gris, lui-même suivis d’un deuxième coup et de ses craquements, plus sourds cette fois-ci. Enfin, ce voile noir, étrangement noir et opaque. Vous avez continué à entendre des bruits, des coups, mais aucune douleur. Puis cette dernière phrase, lointaine : « Merde, j’crois qu’il est mort »



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9 enjambées. C'est ce que vous avez réussi à faire avant de vous écrouler et raboter les pavés de tout votre long. La première course, la fatigue accumulée, bref, vos jambes n'étaient pas assez fraîches pour repartir en sprint, même avec la peur au ventre.

Vous n'aviez jamais vu des pavés de si près. Loin , près, loin , près. Le balafré est accroupi sur vous et vous tape le crâne sur le sol. Loin , près, loin , près. Vous ne sentez plus rien . Loin, près, loin, près. Vous ne sentez plus rien du tout...



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Assez de violence pour aujourd’hui. Vous n’en avez plus la force. Vos muscles se détendent d’un coup, votre visage prend les traits réels de votre fatigue et vous soupirez. Vous lui tendez la perle en lui soufflant un « S’il vous plait » dans le besoin. Il vous regarde et vous pouvez lire combien il jubile de votre faiblesse.

- Allez ! Je suis pas un salaud ! refaites voir votre perle.
- (Vous lui tendez en vous disant qu’il mériterait bien son coup de boule)
- C’est du merisier. Je l’ai vu tout de suite. Mais pour ça faut connaître un peu les arbres, être observateur hein ? Mais bon. Hmmm… (il l’observe près) …Le trou est assez large, ce doit être un gros collier ou pendentif, et … regardez, elle est usée, la personne doit tripoter régulièrement ce collier et jouer avec les perles. Je ne vois rien d’autre à dire.

Le jeune conard vous rend la perle et vous tend votre petit paquet. Il arbore un rictus qui brille de sa fierté. Il vous regarde comme on regarde un pigeon. La violence ne mène à rien. Se battre n’avance à rien. Mais alors, qu’est-ce que la lâcheté ? Est-ce que cela aurait été lâche de le taper, lâche car facile, ou est-ce de ne pas avoir défendu votre amour-propre qui a été lâcheté ? Vous êtes plein de ses reflexions en sortant. Vous avez le sentiment d’avoir été pris pour un con.

Le jeune herboriste est un insolent de premier ordre. Soit. Si vous l’aviez tapé peut-être aurait-il été moins insolent avec d’autres personnes, prenant conscience qu’en étant blessant il prend le risque de se prendre une branlée. En ne cédant pas à le violence, il va certainement se sentir encore plus assuré dans son insolence. De votre côté, en le tapant cela vous aurait libéré de votre rage. Et en refusant de le taper, vous avez fait un effort de volonté pour privilégier la paix au détriment de l’image que cela peu donner de vous. La meilleure solution aurait été de discuter avec lui et, subtilement, lui faire comprendre que son comportement était inacceptable. Mais avec tous les événements de la nuit et de l’aube vous n’êtes pas en mesure de discuter subtilement. Ce n’est pas vous, Arthur Bouline, de discuter subtilement pour éduquer les cons. Ce n’est pas vous, Arthur Bouline, de fuir lâchement devant les cons, surtout quand ils sont plus faibles que vous, surtout quand vous êtes énervé.

La conclusion de vos reflexions vous fait un éléctrochoc. Vous faites demi-tour d’un pas rapide et décidé. Vous entrez dans l’échoppe. Le jeune con souris en vous regardant arriver. Votre main part comme un éclair, l’attrape par la blouse, le tire vers vous au dessus du comptoir, la contraction de votre torse est immédiate et violente, votre front s’écrase sur son nez dans un claquement brutale. Vous le lâchez, et il s’écroule derrière son comptoir. Vous repartez, soulagé d’être vous-même.


[ Vous retournez à l'auberge ] - Allez au 16

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Vous collez votre oreille à la porte. Rien, aucun bruit.

[ Vous crochetez la serrure ] - Allez au 22

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- Confesse-toi ! Lancez-vous au prêtre.

Il suffoque et Harty desserre son emprise pour finalement le laisser tomber mollement sur le sol.

- Je viens de ramener Josie. Elle était dans ta cave. Confesse-toi curé ! Reprenez-vous. Les filles s’éclament. Le curé sourit.
- Je les ai délivrées du malin. Sans moi elles seraient allées directement dans les flammes de l’enfer ! (Il se relève, les yeux globuleux) . Le diable les utilisait pour me détourner de ma foi et de mes vœux ! Je les ai exorcisé ! Elles sont en paix à présent ! Oui ! Ouiii ! Oui j’ai cédé à la tentation comme Adam le fit avant moi mais heureusement Dieu m’a éclairé et j’ai retrouvé le chemin !! Mais !! Mais il un reste une ! Bientôt je la délivrerais elle aussi , comme vous toutes d’ailleurs ! (Il sort son crucifix, qui n’est autre qu’une dague camouflée)

Le prêtre lève le bras et amorce son mouvement pour ce jeter sur Dame Efidie. En une fraction de seconde vous empoignez votre dague et l’arrêtez net en lui plantant au milieu du torse. Il s’écroule bruyamment au pied de la dame. Quelques longues et silencieuses secondes se passent devant le corps inerte du prêtre.

- Josie est très mal en point . Dites-vous doucement

Tous accourent dans le hall d’entrée en poussant divers cris sans expression. Il ne reste qu’Harty et vous dans la salle funèbre. Vous approchez doucement. Harty a les yeux rouges et cernés de larmes. Cela vous émeut malgré vous de voir un tel monstre pleurer en silence. Vous restez de longues secondes à contempler la misère de ce corps inerte, de ces deux corps inertes.

Vous lâchez un soupir et retournez lentement vers le hall d’entrée. Le vieux Jean est toujours en train d’examiner Josie. Toutes les filles regardent cela avec inquiétude, toutes sont pâles et visiblement épuisées. « Va me chercher ma deuxième trousse Eva » Lance-t-il. Une des filles s’en va en courant dans les appartements.

- Alors ? Demandez-vous d’une voix forte malgré vous

Le vieux Jean n’interrompt pas son examen et se racle la gorge : « Elle va s’en sortir ». Dame Efidie et les filles lâchent un soupir de soulagement à l’unisson. Des sourires renaissent ici et là, d’autres craquent et s’effondrent en pleurs et sanglots. Anna vous tombe dans les bras et vous couvre de baisers en larmes tout en vous sussurant des «merci» hystériques.

- Messire Arthur ?

Toutes les filles s’arrêtent de parler et se tournent vers Dame Efidie. Anna se décroche de vos bras et se recul sur le coté. Dame Efidie s’approche de vous, vous prend la main puis pose sa deuxième dessus. Elles sont douces et fines. Elle semble chercher ses mots puis se lance :

- Je crois pouvoir dire au nom de tous que nous vous sommes immensément reconnaissants… Mais je sais aussi qu’un homme tel que vous demande plus que de la reconnaissance et… Voici (elle vous tend une petite bourse)… Mais j’ai aussi ouïe dire que vous viviez temporairement dans une auberge et il s’avère que la moitié de notre grenier est inutilisée et tout à fait transformable… Aussi … A moins que vous ne soyez que de passage évidemment …

Toutes les filles vous regardent en souriant. Certaines font oui de la tête. Vous souriez à votre tour. « Avec joie » répondez-vous finalement en rangeant la bourse dans votre poche.