EXTRAIT
DE FRANCHEPLUY
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EXTRAIT
1 : Issue d'un mauvais choix
[...]
Lorsque vous reprenez connaissance, il y a ce mur
de chaux contre lequel vous êtes appuyé en position
foetale. Votre main est mouillée. C’est de la
salive. C’est votre salive. C’est amusant.
Vous amenez votre doigt jusqu’à votre bouche
pour en prendre encore un peu et l’étaler sur
votre main. C’est vraiment amusant.
Votre rire résonne dans la petite pièce. C’est
effrayant, ce rire. Vous avez peur et vous vous recroquevillez
dans un coin. Demain vous essayerez de mettre de la salive
sur votre main sans que le monstre-qui-rit vous surprenne.
Vous
pouvez lire la vie que vous auriez eue si le cartilage de
votre nez n’avait pas eu la malencontreuse idée
de remonter jusque dans votre cerveau.
-> Allez au chapitre 7 pour revenir en arrière.
[...]
EXTRAIT
2:
[...]
Le prêtre et les deux croque-morts s’en vont à
leur tour. Il ne reste qu’une personne, qu’une
silhouette. Elle se retourne, comme pour vérifier que
tout le monde est bien parti. Elle est vêtue de noir,
couverte d’une cape simple et sombre. La personne s’avance
sur le tas de terre. Elle s’accroupit et, vous n’en
croyez pas vos yeux, pisse sur le haut de la tombe, comme
si elle avait visé le visage du mort. Cela dure à
peine quelques secondes, elle se relève, efface d’un
coup de pied les traces de ses pas et s’en va rapidement.
Wilhem avait une ennemie, c’est certain. Une
ennemie à la rancune tenace. Une ennemie farouche.
Peut-être bien une ennemie décorée d’un
oeil poché par vos soins. Elle part du côté
de la sortie nord.
Vous courez pour remonter le cimetière et la suivre.
[...]
EXTRAIT 3 :
[...]
Vous descendez et vous vous enfoncez quelques mètres
dans la forêt. L’obscurité est très
vite envahissante, même si près des torches et
braseros. Vous repérez l’arbre et cherchez au
pied, en vain. Il y a sept bons mètres à escalader.
Vous soupirez et essayez d’apprécier le fait
qu’il y ait de nombreuses branches pour vous aider.
À contrecoeur vous vous approchez du tronc et vous
accrochez à une première branche.
– N’allez pas vous faire mal, ce serait dommage,
vous dit doucement Éva dans votre dos.
Vous sursautez. Elle fait preuve d’une parfaite confiance
en elle. « Laissez-moi faire ». Elle s’avance,
s’accroche et grimpe rapidement les trois premiers mètres
avec une agilité surprenante. Elle pivote doucement
et attrape une branche plus haute, cette même branche
ploie légèrement, puis craque. Éva tombe
bruyamment sans avoir eu le temps de pousser un seul cri.
Vous avez le réflexe de vous écarter d’un
pas pour la laisser chuter. Elle se relève avant que
vous n’ayez eu le temps de lui demander si tout allait
bien. Vous portez malgré vous un rictus amusé.
Elle est à présent toute sale et griffée
ici et là par les ranchages. Elle vous toise.
Vous reprenez votre sérieux tant bien que mal : «
Euh… Je crois que je vais éviter cette branche.
Merci de me l’avoir indiquée. » Vous escaladez
à votre tour l’arbre en suivant les gestes qu’elle
à fait. Puis dans les derniers mètres, vous
vous concentrez. Votre virilité est en jeu. Vous observez
et analysez les différentes solutions, essayant d’estimer
au mieux la résistance des branches. « Sur votre
droite, la deuxième », vous lance Sonia accoudée
à la rambarde de la terrasse. En tournant la tête,
vous réalisez que vous êtes à la même
hauteur. Vous la saluez et suivez ses instructions. Elle vous
indique ensuite les différentes possibilités.
Vous arrivez sans mal à la hauteur de la proie.
C’est un singe, un gros singe. Il est littéralement
cloué à l’arbre. Le carreau lui a transpercé
la cage thoracique et le tient ainsi, les bras et les jambes
tombant dans le vide. Vous déglutissez et approchez
lentement votre main du carreau d’arbalète. Vous
êtes obligé de conforter vos appuis pour l’arracher.
« Si vous pouviez éviter d’endommager le
carreau, vous seriez fort aimable, mon cher Arthur ! »,
lance Maître Frant que vous imaginez très bien
en train de suivre le déroulement des opérations
à côté de Sonia.
Vous faites différentes grimaces, ccompagnant à
la fois les crampes qui naissent dans vos jambes et cette
pensée : « Va te faire foutre, vieux fou ! ».
« Je vous vois, Arthur », ajoute-t-il.
Vous vous retournez et le voyez-vous faire un signe d’une
main en tenant fermement sa longue-vue de l’autre. Vous
empoignez le carreau et l’arrachez d’un coup sec
en le tordant. Vous lâchez le carreau et rattrapez in
extremis le singe. La descente se fait sans encombre. Éva
ne vous a pas attendu. [...]
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